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Le diagnostic des maladies du système urinaire chez le cheval

Le diagnostic des maladies du système urinaire chez le cheval

Une miction anormale et une perte de poids anormales sont les signes les plus fréquents d’une maladie du système urinaire chez le cheval.
Polyurie/polydipsie
La polyurie/polydipsie (PU/PD) est un important signe clinique indiquant une anomalie des mécanismes homéostatiques visant à contrôler l’équilibre hydrique. La polydipsie est une soif excessive qui se manifeste par une consommation d’eau excessive. La polyurie est définie comme la formation et l’excrétion d’une grande quantité d’urine. Il n’est pas rare que les propriétaires confondent la pollakiurie (fréquence accrue de la miction) avec la polyurie. On peut évaluer subjectivement que le débit urinaire est élevé lorsque le sol de l’écurie est inondé si la litière du cheval est de la sciure ou des copeaux plutôt que de la paille.Afin de confirmer que le cheval souffre de polyurie-polydipsie, la quantité d’eau ingérée ou la production d’urine doivent être mesurées pendant une ou plusieurs périodes de 24 heures. Il est habituellement plus facile de mesurer la consommation d’eau.
Chez le cheval, les besoins en eau sont comblés par trois sources principales : l’abreuvage, la nourriture et le métabolisme. La consommation d’eau varie avec l’âge, le régime, la charge de travail, l’environnement et l’absorption gastro-intestinale de l’eau. Les besoins de base en eau sont de 40-60 mL/kg de poids du corps/jour4. Les chevaux qui ont un entraînement intensif, qui sont à l’écurie dans des pays chauds ou qui ont la diarrhée peuvent consommer davantage d’eau et pourtant produire une quantité normale d’urine. Chez les chevaux normaux, le taux de filtration glomérulaire est supérieur à 1000 L par jour, mais 99 % de cette eau sont réabsorbés par les reins.
La production normale d’urine est de 15 à 30 mL/kg de poids du corps/jour. Cette urine est généralement 3 à 4 fois plus concentrée que le plasma (osmolalité urinaire de 900 à 1200 mOsm/kg, densité spécifique de 1,025 à 1,050).

Causes de la polydipsie primaire
Polydipsie psychogène
C’est l’une des causes les plus fréquentes de la PU/PD chez les chevaux adultes à l’écurie. La polydipsie psychogène est un comportement souvent observé chez les animaux jeunes qui est associé à l’ennui, possiblement causé par des changements d’alimentation ou d’environnement. D’autres facteurs prédisposants comprennent l’ingestion excessive de sel ou de matière sèche.
Les animaux affectés sont en bonne condition physique. La densité spécifique de leur urine est très faible (DS< 1,005) et ils ne sont pas azotémiques. La polyurie/polydipsie est généralement plus grave que celle notée dans les cas d’insuffisance rénale chronique ou du syndrome de Cushing. Les propriétaires signalent que les chevaux atteints de PU/PD boivent 2 à 3 fois plus d’eau que leurs compagnons d’écurie et leur box est souvent inondé d’urine. La réponse à la restriction hydrique dépend du degré de chronicité de la maladie. Si le cheval ne souffre pas de PU/PD
depuis longtemps (quelques semaines), il concentre habituellement son urine. Dans les cas de PU/PD de longue date, l’urine n’est pas concentrée. Cela est probablement dû au phénomène appelé “washout” médullaire rénal par lequel les gradients osmotiques normaux entre l’interstitium rénal et la lumière tubulaire sont réduits. Par conséquent, l’eau ne peut pas être réabsorbé à partir des tubules rénaux et ceux-ci ne répondent pas à l’hormone antidiurétique (ADH) présente à des concentrations élevées. Les chevaux présentant un “washout” médullaire et une polydipsie psychogène concentrent généralement leur urine en réponse à la restriction hydrique progressive, tel quecela est pratiqué dans le test de restriction hydrique modifié.
La gestion des cas de polydipsie psychogène consiste à s’efforcer de réduire l’ennui,  à nourrir fréquemment le cheval avec une quantité accrue de fourrage, à lui faire faire davantage d’exercice et à modifier sa routine quotidienne. La quantité d’eau offerte peut être restreinte, mais elle doit toujours être suffisante pour répondre aux besoins de base et à ceux dictés par la charge de travail et l’environnement du cheval.

Soif excessive
L’humidité et une température ambiante élevée provoquent généralement la soif, en particulier si ces conditions sont associées à une alimentation par une nourriture sèche ; dans ces cas, le débit urinaire est normal.Consommation compulsive de sel C’est une cause peu fréquente de PU/PD. Les chevaux affectés peuvent « s’attaquer » aux blocs de sel, en particulier s’ils contiennent des ingrédients au goût agréable tels que le glucose, et ingérer de gros morceaux du bloc. L’anamnèse et les raisons de cette habitude ne sont généralement pas claires. L’excrétion fractionnelle de sodium
et de chlore est habituellement accrue et les chevaux affectés n’ont généralement pas le pouvoir de concentrer leur urine en réponse au test de restriction hydrique. Le traitement consiste à empêcher l’accès au sel et à limiter la consommation d’eau aux besoins de base, soit 50 mL/kg/jour.

Causes de la polyurie primaire
Diabète sucré
Des cas de diabète insulinodépendant et non insulinodépendant ont été rapportés chez les chevaux. La résistance à l’insuline périphérique due au syndrome de Cushing est la seule cause fréquente. Les cas de diabète sucré présentent une hyperglycémie constante entraînant une glucosurie et une diurèse osmotique. On administre généralement un traitement de soutien, bien que dans les cas de diabète insulinodépendant, des suppléments d’insuline puissent être utiles.

Syndrome de Cushing
Le syndrome de Cushing est un trouble fréquent chez les chevaux âgés. Le syndrome est causé par un adénome hypophysaire et est associé à d’autres signes tels que l’hirsutisme, la fourbure récidivante et une distribution anormale du tissu adipeux. La PU/PD peut être due à la destruction de la neurohypophyse entraînant une sécrétion réduite d’ADH, à l’hyperglycémie qui cause une diurèse osmotique, ou à la sécrétion accrue de cortisol pouvant augmenter directement le taux de filtration glomérulaire. Le diagnostic est généralement fondé sur les signes cliniques et peut être confirmé par l’épreuve de suppression à la dexaméthasone. Pour réaliser cette épreuve, un échantillon de sang est prélevé dans un tube héparinisé
entre 16 h et 18 h, et le taux de cortisol est mesuré. Après le prélèvement de l’échantillon sanguin, de la dexaméthasone (40 g/kg,IM) est administrée. Un deuxième échantillon sanguin est prélevé environ 19 h plus tard et le taux de cortisol est mesuré.Au deuxième échantillon sanguin, les chevaux normaux présentent des concentrations de cortisol ≤1 μg/kg et chez les chevaux atteints du syndrome de Cushing, les valeurs sont plus élevées. On administre principalement un traitement de soutien qui consiste à nourrir les chevaux avec du foin de bonne qualité, à soigner leurs sabots afin de traiter ou d’éviter la fourbure et à prendre soin de leur poil, y compris de les tondre en été. Différents médicaments ont été utilisés, mais le pergolide, un agoniste de la dopamine, à une dose de 1,7 à 5,5 μg/kg PO, une fois par jour, est le plus efficace.

Diabète insipide
Deux types de diabète insipide ont été identifiés chez les chevaux : central et néphrogénique. Le diabète insipide central est caractérisé par une diminution de la libération de l’ADH. Ce déficit en ADH a également été rapporté dans le syndrome de Cushing et dans l’encéphalomyélite virale. Le type néphrogénique est dû à l’absence de réponse des tubules rénaux à l’ADH2. Il est signalé comme une affection familiale ou secondaire à une infection bactérienne aiguë des reins. Les chevaux atteints de diabète insipide n’ont pas la capacité de concentrer leur urine (DS < 1,025) en réponse au test de restriction hydrique .

Le traitement de substitution de l’ADH peut être utile dans les cas de diabète insipide central, mais ce traitement peut être très coûteux. Le diabète insipide néphrogénique peut également être traité par des restrictions de l’apport sodique et hydrique.
L’administration d’un diurétique thiazide est également bénéfique,mais on ne comprend pas entièrement le mécanisme d’action.

Insuffisance rénale
L’insuffisance rénale aiguë est associée initialement à l’anurie ou à l’oligurie. Si le cheval survit, il peut ensuite développer une polyurie due à des lésions des tubules rénaux. L’insuffisance rénale peut être causée par l’exposition à des agents néphrotoxiques (aminoglycosides, anti-inflammatoires non stéroïdiens, myoglobine et vitamine K3 ou D) ou par une néphropathie vasomotrice (hypoperfusion ou ischémie). L’insuffisance rénale aiguë doit être soupçonnée chez les chevaux qui présentent un état d’abattement et une anorexie plus marqués que prévu dans le processus morbide primitif .
Les chevaux affectés sont généralement azotémiques, leur analyse d’urine est anormale (hématurie, protéinurie, cylindres urinaires ou densité spécifique réduite) et ils présentent d’autres signes dépendant du processus morbide primitif .
L’insuffisance rénale chronique chez le cheval peut être causée par la glomérulonéphrite proliférative (d’origine immunitaire), la néphrite interstitielle chronique (causée par la néphropathie vasomotrice, l’exposition à des agents néphrotoxiques, la nécrose papillaire rénale, l’obstruction des voies urinaires ou l’hypoplasie rénale) ou par la pyélonéphrite (résulte d’une infection du tubule ascendant ou de l’urolithiase). Les chevaux atteints d’insuffisance rénale aiguë sont généralement azotémiques et souffrent d’isosthénurie (DS urinaire= 1,008-1,012). D’autres signes cliniques comprennent la perte de poids, le tartre dentaire, un appétit réduit et des ulcères buccaux.
Les anomalies de l’analyse d’urine varient selon la cause primaire de l’insuffisance rénale. Dans les cas d’insuffisance rénale chronique due à des causes infectieuses (pyélonéphrite), une antibiothérapie fondée sur la culture d’urine et la sensibilité de l’agent pathogène aux antibiotiques peut être utile. En général, le traitement pour les chevaux atteints de polyurie due à l’insuffisance rénale chronique consiste principalement en un traitement de soutien.

Il faut veiller à ce que le cheval ait toujours de l’eau et lui offrir du sel tant que l’on n’observe pas d’oedème. L’élément du régime constitué par le fourrage grossier doit être modifié et l’on doit passer d’une légumineuse (luzerne ou trèfle) à de l’herbe, afin de réduire l’apport de calcium et de diminuer le risque d’hypercalcémie. Un bon état corporel peut être maintenu en augmentant l’apport de grains et en ajoutant de la graisse (huile de maïs dont la dose est progressivement augmentée à 450 mL/jour) au régime. L’apport de protéines alimentaires doit répondre aux besoins de base et à la perte urinaire accrue de protéines, mais ne doit pas être excessif.

Iatrogène
La fluidothérapie ou l’administration d’agonistes α2-adrénergiques (xylazine et détomidine) ou de corticostéroïdes peut entraîner la polyurie.

Élaboration du diagnostic pour la PU/PD
Il est important de confirmer la présence de PU/PD. Pour cela, il faut isoler le cheval dans un box et mesurer son débit urinaire en utilisant un dispositif de collecte de l’urine, ou une méthode plus pratique consiste à mesurer sa consommation d’eau.

Test de restriction hydrique
Ce test ne peut être réalisé que si le cheval ne souffre pas d’azotémie, de déshydratation ou d’hyperglycémie. Il permet d’évaluer la capacité des reins à répondre à l’ADH. On prélève un échantillon d’urine et on pèse le cheval. On lui retire l’eau et on mesure la DS urinaire fréquemment durant le test (12-24 h).

Test de restriction hydrique modifié
Ce test est indiqué si le cheval ne peut concentrer son urine avec le test de restriction hydrique. La consommation d’eau est restreinte à 40 mL/kg de poids du corps/jour pendant 3 à 4 jours.Les chevaux souffrant de PU psychogène avec “washout” médullaire devraient répondre à ce test par une augmentation de la DS urinaire au-dessus de 1,025. En l’absence de réponse (DS < 1,025) après 4 jours, la démarche diagnostique suivante est d’administrer de l’ADH afin de déterminer si le cheval souffre de diabète insipide.
Durant les deux tests, les chevaux doivent être surveillés étroitement afin de détecter les signes de déshydratation, car les chevaux atteints de polyurie (en particulier de diabète insipide) peuvent excréter de l’eau malgré la restriction hydrique et se déshydrater gravement. Il faut également arrêter les tests si la DS urinaire augmente au-dessus de 1,025, si le cheval perd 5 % de son poids du corps ou s’il devient azotémique.

Protocole du test à l’ADH
Si l’on n’obtient pas une concentration de l’urine 3 à 4 jours après le test de restriction hydrique modifié, on administre de l’ADH afin de différencier le diabète insipide central du diabète insipide néphrogénique. Trois injections IM de 60 UI d’ADH synthétique sont administrées à des intervalles de 6 heures. Si l’on obtient une concentration de l’urine (DS > 1,025), on peut conclure à une atteinte centrale. Si l’on n’obtient pas une concentration de l’urine (DS urinaire < 1,025), on peut exclure une maladie rénale et le syndrome de Cushing, et le cheval peut souffrir de diabète insipide néphrogénique.

Hématurie
La coloration rouge ou brun de l’urine peut être due à la présence de globules rouges intacts (hématurie), d’hémoglobine ou de myoglobine (ces deux dernières anomalies sont appelées pigmenturie) dans l’urine. Dans le cas d’hématurie, la centrifugation de l’échantillon d’urine révèle une couche d’érythrocytes couverte par de l’urine claire. La coloration de l’urine subsiste si l’urine contient de l’hémoglobine ou de la myoglobine. Il est important de savoir que l’urine équine normale contient de la pyrocatéchine, un agent oxydant qui peut entraîner la coloration rouge ou brune de l’urine après son exposition à l’air ou au contact de la neige. L’urine peut également être colorée par certains médicaments : orange avec le rifampine et brun foncé à noir avec la doxycycline.

De plus, l’urine peut devenir brune si elle est entreposée au réfrigérateur pendant plusieurs jours. L’examen des chevaux atteints d’hématurie doit inclure la palpation transrectale, l’échographie, l’examen endoscopique de l’appareil urinaire, une analyse d’urine et une culture d’urine. La numération et formule sanguine, la biochimie sérique et les tests de coagulation peuvent être utiles. Les tests de coagulation sont particulièrement
importants si les autres tests ne permettent pas d’identifier la cause de l’hématurie. Un échantillon d’urine du milieu du jet est préférable pour l’analyse d’urine. Si l’hémorragie provient des reins, des uretères ou de la vessie, on observera une hématurie pendant la miction. Une hémorragie provenant de la partie distale de l’urètre et du col vésical ou de la partie proximale de l’urètre entraîne une hématurie au début et à la fin de la miction, respectivement.

Causes de l’hématurie
Déchirure ou anomalie urétrale
Cette anomalie apparaît sur la surface convexe de l’urètre au niveau de l’arc ischiatique et cause une hématurie chez le cheval castré et une hémospermie chez l’étalon. Il est intéressant de noter que les chevaux les plus affectés sont les Quarter Horses ou les chevaux croisés Quarter Horses. L’hématurie se manifeste généralement à la fin de la miction et la cause exacte est inconnue. Cependant, on a suggéré que la contraction du muscle bulbospongiosus durant l’éjaculation ou la miction entraîne une « coupure » du corps spongieux du pénis (tissu vasculaire entourant l’urètre) jusque dans la lumière urétrale. Souvent, les cas de déchirure urétrale guérissent sans traitement.Cependant, si l’hématurie persiste pendant
plus d’un mois, ou si le cheval castré devient anémique, on devrait avoir recours au traitement chirurgical. Il existe deux approches chirurgicales pour traiter une déchirure de l’urètre :
l’urétrotomie ischiatique temporaire ou la réalisation d’une incision verticale qui s’étend dans le corps spongieux du pénis, mais laisse l’urètre intact. L’hématurie doit disparaître en 1 semaine après le traitement chirurgical.

Infection urinaire
Les infections urinaires sont principalement ascendantes. Cependant, chez le poulain, la néphrite septique peut être causée par la septicémie. Les juments présentent un risque plus élevé de développer une infection urinaire que les chevaux castrés et les étalons, car leur urètre est plus court.

Urétrite :

L’urétrite bactérienne primaire n’est pas documentée chez les chevaux. À l’examen endoscopique de l’urètre, le système vasculaire saillant et les espaces caverneux peuvent être considérés à tort comme une inflammation ou même une hémorragie de l’urètre. Il existe des maladies traumatiques, parasitaires (habronémose) et néoplasiques de l’urètre. Le cathétérisme répété et la cystolithiase peuvent entraîner une urétrite. L’infestation par des larves d’Habronema entraîne des granulomes du processus urétral et par conséquent l’hématurie. Le traitement de l’urétrite consiste à traiter la cause sous-jacente. L’infestation de l’urètre par Habronema peut être traitée avec l’administration systémique ou topique d’ivermectin et de corticostéroïdes.

Cystite :

La cystite survient fréquemment à la suite de troubles du débit urinaire causés par l’urolithiase, la paralysie ou une tumeur de la vessie, une anomalie anatomique ou un traumatisme iatrogène (cathétérisme urinaire ou examen endoscopique). La vaginite et le cathétérisme urinaire répété sont également des facteurs de risque. Les signes incluent l’hématurie, la pollakiurie, la strangurie, la pyurie ou l’aspect « brûlé »par l’urine du périnée chez les juments ou de la partie antérieure des membres postérieurs chez le cheval mâle.
L’aspect « brûlé » pathologique du périnée doit être différentié de la pollakiurie et de l’écoulement vaginal durant l’activité oestrale normale chez la jument. Le diagnostic doit être fondé sur l’examen physique, la palpation transrectale, la cystoscopie,l’échographie, l’analyse d’urine et la culture d’urine. L’examen transrectal est utile dans les cas de cystolithiase ou de néoplasme de la vessie. Le diagnostic définitif est établi sur la base de la
culture d’urine qui comprend plus de 10 000 colonies bactériennes/mL dans un échantillon prélevé par cathétérisme ou dans un échantillon mi-jet.
L’antibiothérapie doit être fondée sur la culture d’urine et la sensibilité de l’antibiotique, mais l’association triméthoprime-sulfamidé est le choix initial. Le lavage de la vessie est particulièrement important en cas d’urolithiase de sable. C’est une accumulation d’une grande quantité de cristaux dans la vessie, habituellement secondaire à une atonie ou à une paralysie vésicale, observées fréquemment chez les chevaux présentant une lésion de la moelle épinière en région caudale.

La supplémentation alimentaire avec 50-75 g de sel ou l’administration d’un agent acidifiant l’urine (p. ex. le chlorure d’ammonium 20-40 mg/kg/jour par voie orale) ont été recommandées dans le cadre du traitement de la cystite.

Pyélonéphrite :

La pyélonéphrite a été associée à l’urolithiase, à la cystite et à la paralysie de la vessie. L’hématurie, la pyurie (plutôt que la strangurie et la pollakiurie), la perte de poids, la fièvre, l’anorexie ou l’abattement sont également des signes de pyélonéphrite chez le cheval. L’élaboration du diagnostic est similaire à celle pour la cystite. Un cathétérisme urétral peut être réalisé pour évaluer si un ou deux reins sont affectés.
Le traitement consiste principalement en une antibiothérapie systémique. Dans les cas d’atteinte unilatérale ne répondant pas au traitement, on peut tenter l’ablation chirurgicale du rein et des uretères affectés.

Hématurie idiopathique :

L’hématurie idiopathique est associée à l’apparition soudaine d’une hémorragie rénale unilatérale ou bilatérale et menace souvent le pronostic vital. Fréquemment, aucun autre signe de maladie n’est rapporté même avec l’examen histologique des reins affectés. Elle est généralement diagnostiquée après l’exclusion d’autres causes d’hématurie et plus de 50 % des cas affectés sont des chevaux arabes. On administre un traitement de soutien qui peut inclure une transfusion sanguine et si l’atteinte est unilatérale et persistante, une néphrectomie.

Hématurie associée à l’exercise :

Fréquemment, l’hématurie associée à l’effort est microscopique et non visible. Cependant, dans les cas graves, elle peut être visible. On pense qu’elle est d’origine traumatique et produite par l’action du contenu abdominal qui percute la vessie contre le bassin lors de l’exercise.
Elle est peut-être plus fréquente chez les chevaux qui vident leur vessie avant l’effort. Le diagnostic est fondé sur une anamnèse du travail réalisés par le cheval et la présence d’érosions ou d’ulcères avec une distribution sur la paroi opposée de l’impact à l’endoscopie.

Néphrite vermineuse :

L’hématurie peut être associée à des lésions rénales produites par Halicephalobus deletrix (appelé antérieurement Micronema deletrix) ou Strongylus vulgaris. L’infection rénale par H. deletrix est souvent associée à une infection concomitante du système nerveux (méningoencéphalomyélite) et des os (du maxillaire ou de la mandibule causant l’ostéomyélite). Le nématode cause des granulomes dans les reins
affectés et est présent dans l’urine.
Le traitement consiste en l’administration d’antihelmintiques et d’anti-inflammatoires. Dans les cas d’atteinte rénale unilatérale où subsiste une fonction rénale résiduelle, la néphrectomie peut être envisagée.

Néoplasie de l’appareil urinaire :

La néoplasie de l’appareil urinaire est une cause rare d’hématurie. Le lymphosarcome et l’adénosarcome sont les tumeurs rénales les plus fréquentes. L’adénocarcinome est plus susceptible de causer une hématurie que le lymphosarcome. L’échographie des reins est très importante dans le diagnostic ante-mortem.
Le carcinome spino-cellulaire est la tumeur vésicale la plus fréquente. Des cas se présentent pour une hématurie et/ou une strangurie, et des masses palpables sont détectées à l’examen transrectal. L’analyse d’urine pour identifier des cellules néoplasiques, l’endoscopie et la biopsie sont également des moyens diagnostiques importants.

Toxicose causée par les Méloés :

La toxicose causée par les Méloés ou l’intoxication à la cantharidine (substance toxique produite par les Méloés) peut être associée à l’hématurie. D’autres signes cliniques comprennent la diarrhée et l’ulcération du tractus gastro-intestinal. La biochimie sérique révèle une hypocalcémie et une hypomagnésiémie. Le diagnostic est fondé sur des signes cliniques, la présence de coléoptères dans le foin et de cantharidine dans l’urine. Le traitement consiste à éliminer la source et à administrer un traitement symptomatique.

Toxicité médicamenteuse :

Les médicaments néphrotoxiques incluant les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), en particulier la phénylbutazone, peuvent être associés à l’insuffisance rénale et à l’hématurie.D’autres effets cliniques de la toxicité des AINS comprennent la colite dorsale droite, la diarrhée, la perte de poids et l’hypoprotéinémie. Le diagnostic est fondé sur les signes cliniques, l’anamnèse de l’administration du médicament et l’échographie du côlon dorsal droit. Le traitement consiste principalement à arrêter l’administration du médicament et à administrer un traitement de soutien.

Anomalies vasculaires :

Les anomalies vasculaires de l’appareil urinaire peuvent être associées à l’hématurie et peuvent être congénitales ou acquises. Le diagnostic est fondé sur l’échographie(Doppler couleur).

Urolithiase :

L’urolithiase est généralement une affection qui touche les chevaux adultes et représente 7,8 % des diagnostics de maladies du système urinaire chez le cheval. Les chevaux mâles, en particulier les chevaux castrés, sont prédisposés, et les jeunes chevaux de course peuvent présenter un risque plus élevé d’utiliser des AINS. La vessie est la localisation la plus fréquente pour les calculs (60 %), suivie de l’urètre (24 %), des reins (12 %) et des uretères (4 %). Un taux aussi élevé que 10 % des chevaux affectés peut souffrir d’urolithiase siégeant dans plus d’une localisation. Les signes d’urolithiase dépendent de la localisation et du degré d’obstruction. Une obstruction incomplète est habituellement associée à la dysurie, l’incontinence urinaire et une légère douleur abdominale. L’obstruction complète entraîne des signes de douleur modérés à sévères. En cas de rupture de la vessie ou de l’urètre, les signes de douleur disparaissent et sont remplacés par un état d’abattement, l’anorexie, la distension abdominale ou l’agrandissement du pénis et/ou du prépuce. Les calculs équins sont composés principalement de carbonate de calcium et 90 % d’entre eux sont de couleur jaune-vert, présentent des spicules et se fragmentent facilement. Dix pour cent sont gris-blanc, lisses, se fragmentent
difficilement et contiennent du phosphate en plus du carbonate de calcium3.
Les calcules rénaux et les urétérolithes peuvent être unilatéraux ou bilatéraux. Les calculs rénaux se forment généralement au niveau du bassinet du rein. Ils peuvent entraîner une hydronéphrose ou passer dans les uretères et causer un blocage. Contrairement aux êtres humains, chez le cheval, la colique est rarement un signe clinique. La présence de tissu endommagé agissant comme un foyer morbide est une condition préalable de la formation d’un calcul. L’obstruction bilatérale du système urinaire supérieur entraîne une insuffisance rénale chronique. Dans ces cas, la perte de poids, la polyurie ou une performance médiocre sont les signes cliniques les plus fréquents. L’obstruction unilatérale est très difficile à diagnostiquer, car les signes sont légers à inexistants, à moins que le calcul puisse être détecté dans les uretères. Les calculs rénaux ou urétraux sont généralement associés à une hématurie microscopique, à moins qu’ils passent dans la vessie ou dans l’urètre. Occasionnellement, ils peuvent être associés à une hématurie intermittente ou persistante. En l’absence d’azotémie, le traitement de l’obstruction unilatérale consiste en l’ablation du rein et de l’urètre affectés. Si cette technique est disponible, la lithotripsie électrohydraulique est la technique de choix pour éliminer les calculs urétraux.
La cystolithiase est la forme d’urolithiase la plus fréquente chez le cheval. L’hématurie après l’effort est un signe clinique fréquent. D’autres signes sont la pollakiurie, la strangurie, l’incontinence urinaire ou la dysurie. Le diagnostic est établi sur la base d’un examen transrectal, d’une échographie et d’une endoscopie. L’évaluation des chevaux atteints de cystolithiase doit inclure une analyse d’urine, une culture d’urine, l’évaluation de la sensibilité de l’agent pathogène aux antibiotiques car elle est associée à une infection urinaire.
Le traitement consiste en l’extraction chirurgicale du calcul et en une antibiothérapie systémique postopératoire. La cystotomie, l’urétrotomie périnéale après la fragmentation au moyen d’un lithotripteur ou, chez les juments, la sphinctérotomie urétrale, sont recommandées. Chez les juments, la distension manuelle de l’urètre après sédation et anesthésie locale ou épidurale permet d’introduire plusieurs doigts ou une main de petite taille jusqu’à la vessie et de retirer le calcul avec ou sans fragmentation. On recommande de modifier le régime et de passer des légumineuses à l’herbe ou à la paille d’avoine afin de réduire la consommation de calcium et de prévenir la récidive. L’administration d’un agent acidifiant l’urine
(chlorure d’ammonium 50-200 mg/kg/jour PO ou de sulfate d’ammonium 200-300 mg/kg/jour PO) n’a pas bon goût et l’agent doit être administré 2 à 3 fois par jour pour être efficace. Un traitement plus pratique est l’ajout de 60 à 120 g de sel à la nourriture par jour pour augmenter la consommation d’eau.
Le calcul urétral est un problème qui touche principalement les chevaux mâles. Il est généralement causé par un petit cystolithe qui passe dans la vessie et se loge dans l’urètre, souvent au niveau de l’arc ischiatique dans la région du rétrécissement naturel de l’urètre. Chez les chevaux affectés, on note des signes de colique, un agrandissement du pénis, une miction goutte à goutte et parfois du sang à l’extrémité de l’urètre. De plus, ils adoptent fréquemment la position pour uriner. L’obstruction complète non résolue peut être suivie d’une rupture de la vessie ou de l’urètre. Le diagnostic est fondé sur les signes cliniques et la palpation transrectale d’une vessie distendue et d’un urètre pulsatile. Dans les cas soupçonnés, une sonde urinaire peut être introduite dans la vessie vide et l’on peut effectuer ensuite plusieurs examens transrectaux. L’uréthroscopie et la palpation
soigneuse du pénis pour détecter une masse ferme peuvent également avoir une valeur diagnostique.
Un calcul logé au niveau de l’arc ischiatique peut être extrait par une uréthrotomie périnéale, que l’on peut laisser guérir en deuxième intention. Un calcul logé dans l’urètre distal peut être extrait par un léger broyage transurétral avec la main ou une pince. L’extraction d’un calcul logé distalement de l’arc ischiatique et non palpable dans la partie distale du pénis est réalisée sous anesthésie générale, le cheval étant placé en décubitus dorsal.

Résumé
La polyurie/polydipsie et l’hématurie sont des signes cliniques se présentant fréquemment en présence de maladies du système urinaire chez le cheval. Il est très important d’effectuer une anamnèse détaillée, un examen physique complet et une approche diagnostique rationelle.
Il est nécessaire de confirmer objectivement la PU/PD avant d’entreprendre une investigation plus poussée. Les causes les plus frequentes de PU/PD sont la polydipsie psychogène et le syndrome de Cushing. L’hématurie doit être différentiée de la pigmenturie avant d’effectuer d’autres examens diagnostiques. Les principaux examens diagnostiques pour l’hématurie sont l’analyse d’urine, l’endoscopie et l’échographie. Le traitement de la PU/PD ou de l’hématurie dépend de la cause sous-jacente et le pronostic varie selon la cause.






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