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les boiteries

L'arthrose


D'abord qu'est-ce que c'est ? L'arthrose touche l'homme mais aussi le cheval, et c'est une dégénérescence de l'articulation tout entière. Pour résumer, une articulation de cheval est composée de 3 éléments : 2 os recouverts à leur extrémité d'1 cartilage, et qui s'articulent l'un par rapport à l'autre. Entre ces 2 os se trouvent la synovie (un liquide lubrifiant qui facilite les mouvements) contenue par une membrane synoviale, et le tout entourée par une capsule articulaire. Des ligaments, que l'on dit collatéraux, maintiennent le tout en place entre les 2 os.


Le cartilage est formé de cellules composées de fibres de collagène. Celui-ci maintient le cartilage alors que les cellules retiennent l'eau et assurent l'élasticité et la résistance aux chocs. Le cartilage cicatrise très lentement lorsqu'il est blessé, et ne retrouve jamais ses anciennes propriétés, il ne contient pas de nerfs. Par contre la surface de l'os qui est en contact avec le cartilage possède des nerfs (on dit qu'elle est innervée) et peut devenir douloureuse si le cartilage n'assure plus son rôle de protection. La synovie, quant à elle, sert d'échangeur entre le cartilage et le reste du corps (apports divers et élimination des déchets).


L'arthrose peut avoir plusieurs causes, et toutes les articulations sont susceptibles d'être touchées. L'arthrose chez le cheval n'est pas une maladie réservée aux sujets d'un certain âge, au contraire, de jeunes purs-sangs peuvent développer une arthrose surtout au niveau du dos, en réponse à un entraînement intensif. Les causes de l'arthrose sont mal connues, mais la maladie prend toujours la même forme. D'abord, il y a dégradation du cartilage, puis inflammation de la membrane synoviale (qui contient la synovie) et ensuite remodelage progressif de la surface de l'os. La dégradation du cartilage est le début d'une réaction en chaîne car elle produit des agents qui vont créer une inflammation dans la membrane synoviale, qui à son tour va produire des agents chimiques qui vont dégrader le cartilage... et ainsi de suite. Le traitement médical n'est pas toujours suffisant pour briser ce cercle viscieux.


Il existe 2 types d'arthroses : un primaire et un secondaire.

    • l'arthrose primaire : qui s'installe chez les chevaux âgés et dont on ne connaît pas les causes.
    • l'arthrose secondaire : qui est due à des efforts violents sur une articulation saine ou des efforts normaux demandés à une articulation non saine.
Les efforts violents peuvent être de nature variée : surcharges de travail, chocs, entorses, défauts d'aplombs, faiblesses articulaires, travail asymétrique... tout ce qui pourrait rendre le cheval indisponible. Il est difficile de repérer les premiers signes d'une arthrose, le cavalier ou propriétaire pourra remarquer une raideur en début de travail, une boiterie soudaine ou intermittente, des allures étriquées ou une baisse des performances. Pour connaître les articulations touchées, une radiographie et une échographie seront nécessaires. Des signes extérieurs peuvent toutefois guider le diagnostique : présence de tares dures (éparvins ou formes), dos peu musclé par rapport au corps du cheval. L'inflammation (distension synoviale) est visible sur l'articulation dont les contours sont moins nets (molettes et vessigons, épaississement des tissus).


L'arthrose peut évoluer en comprenant des phases de confort et des crises aiguës. Lorsque le diagnostique d'arthrose est révélé par radiographie, il est bon de s'assurer qu'il n'existe pas d'autre foyer où la maladie ne se serait pas encore manifestée par des signes visibles. L'échographie peut détecter des inflammations chroniques et des altérations du cartilage même minimes, alors que la radiographie est utilisée sur des arthroses déjà bien avancées. Par contre, la radiographie est plus rapide et permet de réaliser un bilan complet. Les deux techniques sont donc complémentaires. Il n'existe pas de traitements qui pourraient traiter les causes de cette maladie. A l'heure actuelle, il n'existe que des traitements qui limitent la douleur et l'auto-aggravation.
    • traitements hygiéniques et préventif : le cheval doit être monté tous les jours sur de bons terrains (carrière de sable) et être longuement échauffé au pas qui est une allure bénéfique. Il ne sera pas trop longé ou mis en liberté. Son alimentation sera surveillée pour lui éviter de prendre du poids (qui pourrait faire souffrir ses articulations malades). Dans le cas d'une arthrose du dos, le galop est conseillé plutôt que le trot, car c'est une allure plus souple. Enfin, les soins après le travail sont importants (douches et bandages). En cas de crise aiguë, une diminution de l'activité est recommandée.

      En ce qui concerne les traitement préventifs, ils visent à déceler une déviation des membres chez le poulain et à y remédier (chirurgie, ferrure adaptée, contention). Si le cheval est plus âgé, la ferrure doit être adaptée (plaque de cuir) pour réduire les chocs et favoriser le roulement du pied sur le sol (les fers trop garnis en pince et mammelle seront bannis).

    • traitements médicaux : ils ont pour but de réduire la douleur et l'inflammation. Ensuite, ils visent à protéger le cartilage et à assurer sa cicatrisation. Le choix du traitement dépend de l'état du cheval : nombre d'articulations atteintes, intensité de la douleur. Les traitements médicaux sont administrés en cas de crise aiguë, mais ils présentent des inconvénients (toxicité des corticoïdes, contrôle anti-dopage...). Pour le reste, un traitement de fond est recommandé ainsi que des cures.

    • traitements chirurgicaux : il s'agit des lavages articulaires, et en dernier recours de l'immobilisation articulaire. Les lavages articulaires consistent à infuser l'articulation avec des solutés qui lavent le liquide synovial en cas de crise et limitent la pression dans l'articulation.

      Quant à l'immobilisation articulaire (appelée arthrodèse), l'articulation est immobilisée avec des plaques comme pour une fracture. Cette intervention est le dernier recours pour des cas extrêmes.
Comme il n'y a pas de traitement, un cheval atteint d'arthrose se vit au jour le jour, en tenant compte de son état présent. La recherche des mécanismes de l'arthrose chez le cheval est indispensable pour espérer obtenir un traitement efficace. Seule la prévention est aujourd'hui valable pour retarder l'évolution de la maladie. Pour les chevaux destinés à la haute compétition, les traitements préventifs peuvent se révéler inefficaces, mais sur des chevaux destinés à l'élevage, ils peuvent leur donner une chance de vivre normalement.





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