Annuaire equestre Annuaire équestre listé dans la catégorie Soins du cheval : Associations de sauvetage de chevaux
Google

Epistaxis

Epistaxis

(Hémorragie pulmonaire d'effort)


C'est une affection chroniquefréquentechez les chevaux de sport. Son importance tient aux pertes financières qu'elle occasionne à l'industrie des courses. Elle s'observe dans le monde entier, chez toutes les races.

La première étape de l'épistaxis sont des micro-ruptures des capillairespulmonaires provoquant initialement l'entrée de quelques globules rouges dans les espaces inter-alvéolaires. Ces composants sanguins sont très inflammatoires pour les tissus pulmonaires. Ainsi, le symptôme le plus précoce de cette affection est la présence d'hémosidérophages dans le liquide de lavage trachéal. Tous les chevaux à l'entraînement présentent ces hémosidérophages dans leur liquide de lavage trachéal.

L'épaisseur moyenne de la paroi alvéolo-capillaire du Cheval est de 0,93 mm ; la pression maximale dans les capillaires pulmonaires durant l'effort est d'environ 95 mm de Hg, ce qui représente une pression exceptionnellement importante, pression qui chez un Lapin ou un Chien ne peut être supporté par le poumon sans dégâts importants. Chez le Cheval elle occasionne des stress à l'endothélium des capillaires pulmonaires qui laisse alors s'échapper du sang dans le tissu pulmonaire interstitiel. Ces lésions des micro-capillaires sont les seules identifiables lors du stade Ide l'épistaxis. Des brèches plus importantes de la paroi alvéolo-capillaire, laissant s'échapper des éléments sanguins dans les espaces alvéolaires, représentent le stade II de l'épistaxis. Celui-ci se traduit par la présence d'hémosidérophages dans le liquide trachéal. Tous les chevaux après un effort présentent ces hémosidérophages, tous sont donc atteints d'un certain degré d'hémorragie pulmonaire. Une hémorragie un peu plus importante se traduit par la présence de sang en nature dans la trachée, c'est le stade IIIde l'épistaxis. La plupart des chevaux de course atteignent ce stade de l'affection après des efforts intensifs répétés. Mais seule une faible proportion (1 à 2%), présente du sang visible aux narines (stade IV) ou épistaxis véritable. Finalement, une très faible proportion de chevaux (0,067%) meurt durant la course ou après celle-ci d'une hémorragie pulmonaire sévère (stade V).

Les lésions d'épistaxis sont chroniques et cumulatives: présence d'hémosidérophages, de bronchiolites, hypertrophie vasculaire et accroissement de la circulation artérielle bronchique. Des perfusions répétées de sang autologue dans les poumons créent, chez les chevaux des lésions similaires, mais de plus faible intensité. Les séquelles provoquées par la présence de ce sang dans les tissus alvéolaires sont des bronchiolites, une augmentation du volume du tissu conjonctif, une perte de fonction des alvéoles et la formation de néovascularisations qui favoriseront les récidives d'épisodes d'hémorragies pulmonaires.

Il est probable que tous les chevaux présentent un certain degré d'hémorragie pulmonaire après un effort important, mais à la lueur des lésions provoquées par la présence de sang dans les alvéoles pulmonaires et de la nature chronique de l'épistaxis, on devra s'efforcer de minimiser les hémorragies d'effort ainsi que la réaction inflammatoire pulmonaire consécutive à l'extravasation intra-alvéolaire.

De nombreuses hypothèses ont été faites concernant l'étiologie de cette affection, aucune n'a encore été clairement confirmée.

Elle surviendrait chez des animaux présentant une maladie pulmonaire chronique, elle serait alors due au bronchospasme se déclarant lors des premiers stades des bronchites chroniques ou de l'emphysème pulmonaire. Une autre hypothèse, non totalement incompatible avec la première, est que des lésions pulmonaires préexistantes(adhérences pleurales, cicatrices du parenchyme pulmonaire, séquelles d'hémorragies précédentes...) créent des zones de moindre élasticité. Les forces de distension des alvéoles ne s'exercent alors plus de manière homogène dans l'ensemble des poumons. Pour d'autres cliniciens les hémorragies seraient dues à la fragilité des papilles capillaires bronchiques dans le tissu conjonctif péribronchique inflammatoire et les septa alvéolaires. Des coagulopathiesont également été proposées comme causes de ces hémorragies pulmonaires d'effort : une réduction de l'adhérence plaquettaire, sans fibrinolyse évidente, a été observée chez les chevaux après un effort. Le facteur de von Willebrand intervient peut-être dans la pathogénie de cette affection, ses différences de qualité et de quantité, d'origine génétique, expliquant alors les différents degrés de gravité de cette affection.

Une autre hypothèse est que l'obstruction partielle des voies respiratoiresdue à la paraplégie laryngée serait une cause d'épistaxis. Cette obstruction provoquerait une pression négative supérieure à la normale durant l'inspiration. Associée à l'hypertension pulmonaire accrue provoquée par un exercice intense, cela crée un gradient de pression important de part et d'autre de la cloison alvéolo-capillaire se traduisant par des hémorragies des parois alvéolaires.

Le Cheval est le seul animal sportif qui ait tendance à être en hypoxiedurant un effort intense. Ceci peut s'expliquer par une membrane alvéolo-capillaire relativement épaisse ; ce qui est paradoxal puisque cette relative épaisseur est incapable de protéger les alvéoles des fortes pressions des capillaires pulmonaires durant un effort important. Ainsi il apparaît que l'appareil cardio-pulmonaire du Cheval de course est un appareil qui a atteint ses limites physiologiques.

 

 




compteur pour blog

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×