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la maladie shivering

Le shivering

D'après Christophe Descamps (www.vet-lyon.fr/bib/fondoc/ th_sout/dl.php?file=2004lyon033.pdf), de l'école nationale vétérinaire de Lyon :
"affection mal connue mais localisée le plus fréquemment aux membres postérieurs touchant plus volontiers les chevaux de race lourde. Le mouvement pathologique s'observe lorsque le cheval s'apprête à reculer : il lève le postérieur au-dessus du sol et le soutient dans un mouvement de flexion-abduction. Le membre se met alors à trembler violemment et la queue s'élève légèrement. La crise cesse après un court moment, mais peut réapparaître si le même mouvement est redemandé. Ces crises apparaissent aussi chez certains chevaux lorsque le pied est levé pour être pris dans la main. Cette maladie procéderait d'un dysfonctionnement du réflexe myotique ou d'une anomalie des réflexes posturaux."

D'après Julien Olive de l'école vétérinaire de Lyon (www.vet-lyon.fr/bib/fondoc/th_sout/dl.php?file=2006lyon029.pdf)
"... Le shivering maladie des tremblements : Connue depuis longtemps, la maladie des tremblements n'affecte que les chevaux de trait et peut survenir à l'importe quel âge. Des fasciculations et des tremblements spasmodiques involontaires surviennent au niveau des muscles du bassin, des membres pelviens et de la queue. Les signes sont plus facilement observés lorsque l'on fait reculer le cheval. A cette occasion, les chevaux sévèrement atteints hyperfléchissent un postérieur, le placent en abduction et se mettent à trembler avec leur membre dans cette position. De plus, des mouvements saccadés d'extension de la queue peuvent alors être observés. Les signes subsistent quelques secondes puis cessent jusqu'à ce qu'on fasse à nouveau reculer le cheval. Plus rarement, les membres antérieurs peuvent être atteints [cox, 1992]. Le diagnostic, lorsque tous ces signes sont présents est assez évident. En revanche, si l'atteinte est légère, elle peut se manifester que par une difficulté à prendre un membre postérieur pour le ferrage par exemple.
Il faut différencier cette maladie du harper notamment lors des épisodes de flexion d'un membre postérieur. D'autre part, la myopathie de stockage des polysaccharides est très fréquente chez les chevaux de trait. Certains auteurs établissent un rapprochement entre ces deux entités pathologiques. En effet, certains des cas décrits atteints de cette myopathie montraient des signes de tremblements. En revanche, tous les cas de maladies des tremblements ne montrent pas d'éléments cliniques de myopathie de stockage. Le lien éventuel entre ces deux maladies reste donc à vérifier. ..."

Apparemment, le shivering est une maladie qui ne se guérit pas à ce jour et qui évoluerait lentement et de façon dégénérative.
Les symptômes les plus fréquemment rencontrés sont des tremblements au niveau des postérieurs et de la queue, suivi d'un mouvement du postérieur qui pourrait se confondre avec le harper. Il paraîtrait que si le cheval ne donne plus les pieds, la maladie serait bien avancée.

Aucun traitement spécifique existe, uniquement des piqûres régulières de vitamine B12 et E+sélénium.

- La vitamine E joue un rôle antioxydant et freine le vieillissement des cellules. Elle intervient dans la prévention entre autre de la maladie de Parkinson (tremblement). Le couple vitamine E + sélénium favorise le fonctionnement des muscles autour de l'articulation. A long terme, une carence en vitamine E peut se manifester généralement par des problèmes neurologiques attribuables à une mauvaise conduction nerveuse.


- Le sélénium, indispensable, est un oligo-élément (l'organisme n'en a besoin qu'en très petite quantité). Le sélénium est également un antioxydant par excellence. Il intervient dans la synthèse des cellules nerveuses et travaille de concert avec la vitamine E.

- La vitamine B12 est, entre autre, essentielle au système nerveux. Elle favorise le bon fonctionnement de la synthèse de l'ADN et de l'ARN, des protéines, de la myéline (substance qui forme une gaine autour de certaines fibres nerveuses). Une carence en vitamine B12 peut provoquer entre autre une fatigue, une détérioration du système nerveux: des symptômes neurologiques comme des fourmillements engourdissements dans les membres, difficulté à marcher, troubles de l'humeur, pertes de mémoire et démence. Cette carence en B12 peut entraîner des dommages neurologiques irréversibles.
 

Émilie, en école vétérinaire, a tenté un mémoire sur le shivering, voici sa conclusion :
 

Pour mon mémoire, je suis un peu désespérée parce que ce sujet est trop complexe j'en ai bien peur.
 
Tout au long de mon stage, j'ai vu un grand nombre de chevaux présentant un tremblement postérieur ou antérieur. Mais à chaque fois, la cause de ce tremblement est inconnue. A mon avis, en regardant tout vos témoignages et tout ce que j'ai pu voir en stage, on en viendrait à se demander si le shivering est réellement une maladie à par entière. Tout tend à penser que ce n'est qu'une conséquence. Problème de croissance ou de nutrition chez les jeunes, accident, carence ou usure prématurée chez les adultes ....
 
Les symptômes sont tellement multiples et les manifestations sont différentes selon les chevaux. Et le phénomène est permanent ...
 
Tout ce qu'il y a à faire pour aider vos chevaux,  c'est :

- Ne pas les laisser avoir froid même si ils sont au pré toute l'année. Le froid provoque des tremblements et des contractures musculaires au niveau des fessiers et peut évoluer en sciatique (très douloureux et mauvaise circulation nerveuse ... plus les adaptations posturelles pour éviter la douleur). J'ai acheté une couverture de pré à mon trotteur atteint de shivering cet hiver et il a été beaucoup mieux, j'aurais du le faire il y a 3 ans ... au lieu de croire qu'il doit être rustique et s'adapter naturellement au climat ...

L'hiver, nos chevaux souffrent plus du froid et de l'humidité qu'en été.
 
- Un bon échauffement avant le travail, 15 min de pas mini ce n'est pas du luxe. Chauffer le dos et les rotules au synthol liquide avant le travail (attention positif 15 jours pour la compétition ...)
 
- Un travail régulier. Pas d'excès de travail sur deux pistes ou déplacements latéraux. Pas de transition violente galop arrêt ...

Ne pas insister si le cheval ne veut pas reculer.
 
- Éviter à tout prix la surcharge pondérale qui fatiguera les articulations. Adapter la ration !
 
- N'hésitez pas à complémenter les chevaux en donnant des produits pour les articulations (ekyflex, harpagophytum ...) Même si on ne voit pas l'effet monté, ça ne fait jamais de mal d'aider les articulations, surtout que les tremblements tirent beaucoup sur les articulations, d'autant plus si les chevaux sont âgés.
Pour les chevaux de sport, la cure d'adequan peut être vraiment bien avant d'entamer la saison (traitement très cher 350 euros !!! mais vraiment efficace).
 
- Attention aux pathologies musculaires. Veiller à ne pas trop provoquer de courbatures après un travail.
 
- Une petite visite de l'ostéo de temps à autre pour rétablir la locomotion optimale du cheval afin qu'il utilise ses articulations au maximum de leur capacité.
 
- Ne pas laisser le cheval au box, il faut qu'il sorte tous les jours le plus longtemps possible. L'idéal est de les mettre au pré afin de favoriser le mouvement un maximum. Marcher permet de relancer la circulation sanguine, lymphatique nerveux .... les muscles travaillent en permanence, de façon aisée, pas comme au box ...


 

Témoignage:(reçu par @mail le 10 Décembre 2008)par "ameca"-

bonjour, je voulais d\'abord vous remercier pour votre site très très instructif et votre ouverture d\'esprit dans l\'interet du cheval.

Je voulais aussi vous dire en complément de votre article sur le shivering équin, que cette \"affection\" n\'est pas sans espoir. Mon cheval était fortement atteint (impossible de reculer; ferrage sous médicaments, tremblements violents avant même de parvenir à lever le postérieur...). Moins d\'un an après, il recule parfaitement et droit; il donne bien mieux ses pieds et ne emble plus \"pret à tomber\" à chaque demande de pied.

Entre temps il n\'a pas a eu de traitement médicamenteux (on ne m\'a rien proposé); je l\'ai juste fait mettre au pré, si possible avec des compagnons, deferré (forte améliorationdes tremblements après 15 jours) et destressé (j\'ai vraiment essayé de \"communiquer\" avec lui pour qu\'il comprenne mieux mes demandes sans conflits)

Voilà je ne regrette pas d\'avoir sauvé de la boucherie de cheval \"tordu\". Il me permet de monter et maintenant d\'atteler sans soucis particulier.

 

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