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Douve (la)

PETITE DOUVE

La dicrocoeliose est une maladie parasitaire affectant plus particulièrement les petits ruminants et caractérisée par le développement dans les canaux biliaires et le tissu hépatique, de Trématodes de l'espèce Dicrocoelium lanceolatum ; elle est très occasionnellement rencontrée chez le cheval. Très fréquente et peu pathogène chez les petits ruminants, qui représentent une des sources principales de contamination des équidés, la dicrocoeliose se traduit par des troubles cliniques relativement discrets chez le cheval.

Les ovins, et dans une moindre mesure les bovins sont les espèces les plus souvent atteintes. Cependant, la fasciolose peut se développer chez d'autres espèces animales comme les léporidés, et plus rarement les porcins et les équins. Elle peut, beaucoup plus rarement affecter les humains.

C'est un parasite cosmopolite rencontré très fréquemment dans toutes les zones tempérées d'Europe, d'Amérique du Nord et du Sud, et d'Afrique (à l'exception de l'Afrique du Nord). La dicrocoeliose est plus répandue dans les régions sèches. Il s'agit d'une affection de pâturage à caractère saisonnier sévissant principalement en automne-hiver. Dans les climats tropicaux, d'autres espèces sont observées comme Dicrocoelium hospes.

Chez les petits ruminants, la dicrocoeliose revêt une relative importance sur le plan économique car elle ne provoque que des saisies de foie à l'abattoir et parfois des retards de croissance. Chez le cheval son incidence est difficile à apprécier en l'absence d'études épidémiologiques précises, de la difficulté de son diagnostic ainsi que par une symptomatologie peu évocatrice.

Biologie

Les adultes de Dicrocoelium lanceolatum vivent principalement dans les canaux biliaires et sont hermaphrodites (présence de testicules et d'un ovaire chez le même individu). Ils mesurent 6 à 10 mm de long sur 2 mm de large. Leur corps est aplati, lancéolé avec une extrémité antérieure plus effilée. Une ventouse buccale et une ventouse ventrale leur permettent de se fixer. Ils sont ne sont pas hématophages et se nourrissent de mucosités et de bile. Les adultes peuvent survivre plusieurs mois ou années dans les canaux biliaires. La fécondation se fait par accouplement ventro-ventral entre deux individus ou par autofécondation.

Les œufs (36 à 45 x 22 à 30 µm) sont ovoïdes, protégés par une coque épaisse, operculés, de couleur brun sombre et contiennent un embryon avec 2 masses sphériques et une couronne d'épine. Leur élimination dans le milieu extérieur se fait de façon irrégulière en fonction du rythme des vidanges biliaires (de 3 à 4.000 oeufs peuvent être éliminés quotidiennement par un adulte). Les œufs de Dicrocoelium lanceolatum résistent très longtemps dans le milieu extérieur (jusqu'à 5 ans dans des faeces sèches de mouton.

Dans le milieu extérieur, le développement ne se poursuit que si les œufs sont ingérés par des mollusques terrestres (Zebrina detrita, licHeella sp, Cionella lubrica) qui représente le premier hôte intermédiaire. Tous ces mollusques sont xérophiles, vivent dans les taillis et broussailles, surtout sur des sols calcaires et alcalins. Les œufs éclosent dans l'intestin du mollusque, le miracidium (embryon cilié) gagne l'hépato-pancréas où il se transforme en sporocystes qui vont donner naissances à des  cercaires.

Ces cercaires gagnent la chambre pulmonaire du mollusque où elles s'agglomèrent en formant des kystes de 200 à 400 cercaires mesurant 1,5 mm de diamètre. Au bout de quelques semaines, le mollusque éjecte ces "kystes de cercaires" sur des végétaux agglutinés par son mucus.

Ces "kystes de cercaire" sont recherchés par les fourmis qui en font leur nourriture et qui constituent le 2ème hôte intermédiaire du parasite. Les fourmis les plus souvent responsables sont Formica fusca (fourmi brune) ou Formica rufa (fourmi rouge). Une fois ingérées, les cercaires se transforment en métacercaires dans la cavité générale de l'insecte en 1 à 2 mois.

L'infestation des animaux se fait par ingestion de fourmis porteuses de métacercaires. Les kystes ainsi ingérés sont dissous dans l'intestin et libèrent des douves immatures qui migrent de l'intestin vers le parenchyme hépatique (en moins d'une semaine) en passant par la veine porte ou par simple remontée du canal cholédoque. Les jeunes douves migrent au travers du parenchyme hépatique en augmentant de taille et gagnent les canaux biliaires en 7 à 8 semaines. En quelques semaines ces jeunes douves deviennent adultes et acquièrent leur maturité sexuelle.

Le cycle complet de développement est de l'ordre de 5/6 mois : 3 mois de cycle exogène de l'œuf aux métacercaires et 2/3 mois de cycle endogène de l'ingestion des métacercaires à la présence de douves adultes dans les canaux biliaires.

Epidémiologie

La dicrocoeliose peut toucher tous les équidés quel que soit leur âge. Cependant il s'agit d'une parasitose relativement rare sauf peut-être dans un environnement sec avec présence importante de moutons ou de léporidés

Les sources indirectes de parasites sont représentées les animaux parasités et plus particulièrement par les ovins et les léporidés, ainsi que par l'existence de conditions climatiques et géomorphologiques favorables au développement des mollusques. Les chevaux élevés sur des pâturages où des cas de dicrocoeliose ovine ont été observés ont beaucoup plus de chances de contracter cette parasitose. De même l'existence de zones sèches ou la présence d'un sol calcaire sont des facteurs favorables au développement des mollusques.
Il existe donc des zones ou des régions où les conditions de survie de ce parasite sont assurées et qui représentent un risque plus important pour la contamination des équidés.

Symptômes - Lésion

Des signes cliniques très variés peuvent être observés dans la mesure où les équidés ne représentent pas l'hôte habituel de la douve, et le fait que des localisations erratiques sont possibles.
La sévérité des symptômes est également fonction du nombre d'adultes présents au niveau des canaux biliaires. En règle générale la présence de petite douve reste une constatation à l'abattoir (présence de douves dans les canaux biliaires) sans qu'une symptomatologie précise n'ait été constatée.
Chez le cheval la dicrocoeliosee peut se traduire par un mauvais état général évoluant de façon sub-chronique, une baisse de forme, un poil piqué, des alternances de diarrhée et de constipation, des coliques légères. Dans les cas les plus sévères on peut observer de l'anémie, un sub-ictère, un amaigrissement et un état de grande fatigue.

A l'examen post-mortem, on peut noter une hypertrophie de la paroi des canaux biliaires avec présence des douves à l'intérieur. Le foie peut-être hypertrophié ou au contraire atrophié. Il présente des lésions de cirrhose avec fibrose du parenchyme hépatique provoquée par la migration de jeunes douves.

Diagnostic

Le diagnostic clinique est pratiquement impossible car les symptômes observés ne sont pas pathognomoniques.
La recherche des œufs par examen coproscopique donne souvent des résultats faussement négatifs dans la mesure où l'excrétion des œufs est très irrégulière et survient plus de 4 mois après le début de l'infestation par les adultes.

Traitement - prophylaxie

Il n'existe pas de fasciolicides autorisés chez le cheval. Certaines des molécules utilisables chez les ovins sont parfois conseillées, mais sont utilisées sous la seule responsabilité du vétérinaire. Le thiabendazole (à la dose de 300 à 400 mg/kg), l'albendazole (15 à 20 mg/kg) et le nétobimin (20 mg/kg) sont administrés par voie orale.

Il n'existe pas de moyens préventifs mais on peut éviter de faire pâturer les chevaux sur des prairies où des ruminants ont été ou sont infestés.

La destruction des mollusques terrestres peut être envisagée par écobuage ou par la présence d'animaux prédateurs comme les poulets.

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